Retour sur "Billettique, le Futur du présent : quels enjeux pour le paiement dans les réseaux de transport ?"

 

« Billettique, le Futur du présent :
quels enjeux pour le paiement dans les réseaux de transport ?  »

 

Sixième entretien Télécom ParisTalks
le 8 mars 2017

 

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Présentation de :

Jérôme CLAUZURE -  Chargé de mission billétique -  Agence Française pour l'Information Multimodale et la billétique, Ministère de l'Environnement, de l'Energie et de la Mer       

Support de présentation Jérôme CLAUZURE

Présentation de :

Pascal URIEN - Professeur - Télécom ParisTech

Support de présentation Pascal URIEN

Présentation de :

Alicia FILIPIAK - Chercheuse en sécurité informatique - Orange 

Support de présentation Alicia FILIPIAK

Présentation de :

Alain CAFFART - Responsable système d'information - Compagnie des Transports Strasbourgeois

Support de présentation Alain CAFFART

Présentation de :

Ludovic FRANCESCONI - Directeur Marketing - GIE Cartes Bancaires CB

Support de présentation Ludovic FRANCESCONI


 
Compte-rendu détaillé

 

La mobilité est en pleine mutation et son évolution illustre les deux dernières révolutions de notre décennie : la digitalisation et l’économie collaborative.
De nombreux acteurs sont présents dans le domaine de la billétique : les villes et métropoles qui gèrent les transports, les constructeurs et sociétés de services qui mettent en place les systèmes billétiques, les opérateurs bancaires et télécoms qui s’invitent aux nouveaux systèmes billétiques, les chercheurs qui intègrent la digitalisation dans la billétique et enfin l’Etat qui joue son rôle de garant de la normalisation et de l’intermodalité dans les systèmes de mobilité au niveau national et international.

 

Jérôme Clauzure, responsable billétique de l’Agence Française de l’Information Multimodale et de la Billétique, rappelle les missions de l’agence au niveau des aspects normalisations et coopérations internationales mais aussi de la promotion de l’interopérabilité tant dans le domaine de l’information multimodale que de la billétique.

Un petit retour sur la billétique d’hier nous rappellera, avec une certaine nostalgie, les différents titres de transport : ticket papier, carnet à souche, jetons, ticket avec piste magnétique. Ces supports, parfois couteux, nécessitent un contrôle manuel en entrée (le fameux poinçonneur des Lilas) ou à bord avec des contrôleurs.

La billetique, aujourd’hui s’appuie sur des systèmes media-centric et reader-centric. Les  supports émis uniquement par les entreprises de transport prennet la  forme de ticket papier, thermique ou magnétique, billet ou carte sans contact, mais aussi téléphone NFC, bracelets et montres connectés. Les titres pré-payés sont stockés sur ces supports sous forme de code à barre ou 2D sur papier ou téléphone, SMS ou titres de transport encodés sur billétique ticket, billet ou carte. Dans cette billétique, la valeur est dans le support alors que l’intelligence est dans le lecteur.

 

Vision des métropoles, des villes et des utilisateurs

La télébilletique, grâce notamment aux technologies du paiement mobile et sans contact, devient centrale dans l’offre d’un opérateur de transport et agrégateur de services de mobilité.

Alain Caffart, responsable de la CTS, Compagnie des Transports Strasbourgeois, montra le dynamisme de cette métropole qui avec 400 km de lignes commerciales par bus, tram, BHNS assure annuellement 120,5 millions de voyages avec une recette de 51millions d’euros. Cette compagnie pionnière en télébillettique depuis 2004 a lancé en 2013 une billettique sur smartphone compatible NFC en s’appuyant sur HOPLINK, une application CALYPSO installée dans la carte SIM de l’opérateur. Alain Caffart décrit avec précision cette solution billettique s’appuyant sur un jeton transport : les titres de transports sont stockés en back office et lorsque le client choisit un titre, il y a génération d’un jeton transport qui contient des informations suffisantes pour voyager après validation en mode lecture par le NFC. Il attire l’attention sur les difficultés d’installation de cette technologie avec 4 opérateurs possibles d’une part, des téléphones non certifiés d’autre part et enfin et surtout l’existence de problèmes de sécurité. Cette nouvelle billettique satisfait les clients et en particulier la possibilité de disposer d’information voyageur dans cette même application : horaire, passage en temps réel, information sur les perturbations, …

Didier Batta met en oeuvre au sein du pôle systèmes et technologie de la société KISIO filiale de KEOLIS, des projets billettiques pour des agglomérations, des Autorités Organisatrices de Mobilité et de Transports et activité TER. Il a décrit les projets de mise en place d’une nouvelle billettique pour l’agglomération de  Caenà l’occasion de la mise en place d’un nouveau tramway. Un des objectifs est d’améliorer l’interopérabilité des supports en service dans la région normande avec interopérabilité au niveau du back-office, mise en place d’un nœud d’échange de données et de flux d’échanges. Comme Strasbourg, cette billétique s’appuie sur l’application Hoplink. Il présente aussi le projet de Chartres, métropole engagée pour intégrer de nouveaux services tels : guichet unique multiservices, agence de mobilité multimodale en gare de Chartres pour gérer les offres TER, Filibus réseau de transport de Chartres métropole et réseau transBeauce. Nous voyons encore apparaître les objectifs d’interopérabilité régionale, d’adaptation et de simplification de la gamme tarifaire.

 

Vision du secteur bancaire

Avec l’open paiement, les banques vont devenir des acteurs incontournables de la chaîne de valeur. En effet, l’open paiement permet aux usagers de voyager dans les transports avec une carte bancaire sans contact. Le système  affecte au passager le meilleur tarif au gré de  son voyage . Après le déploiement de cette solution à Londres, les autorités organisatrices de mobilité et exploitants commencent à s’y intéresser. En France, une telle approche tarde à se populariser car les valideurs doivent évoluer pour accepter, en toute sécurité, la carte bancaire. Rien n’est inscrit dans la carte car la carte fait office de ticket, les coûts du ou des différents trajets se calculent en fin de journée.

Avec 66,5 millions de cartes CB dont 63% sans contact, Ludovic Francesconi directeur marketing du GIE Cartes Bancaires, présente l’inexorable progression exponentielle des paiements sans contact qui passe de 605 millions de transactions en 2016 à 1000 millions en 2017 et vraisemblablement 3000 millions en 2018. Les jours des bons vieux distributeurs automatiques de billets sont comptés car on peut recharger son titre de transport directement depuis son smartphone en présentant simplement sa carte au dos de l’appareil. Ainsi le confort des voyageurs est fortement amélioré puisqu’ils n’ont plus à subir les files d’attente aux guichets ou aux distributeurs de tickets.

 

Vision des chercheurs et opérateurs de Télécom

Avec les applications sur smartphones communicant par NFC ou Bluetooth, le monde des télécoms a son mot à dire. Pascal Urien, professeur à Télécom ParisTech et fondateur de la start up ETHERTRUST, a développé le concept de mobile ticketting selon une approche similaire au paiement mettant à profit l’interface NFC du mobile avec : stockage, sécurité du ticket sur le mobile avec les deux technologies SIM centric et host card emulation, génération du ticket « on demand » dans le cloud avec utilisateur connecté.

Pascal Urien lance même l’idée d’un futur blockchain de transport avec paiement via des monnaies numériques comme le bitcoin, le système de transport accédant en temps réel à l’état du compte.

L’opérateur télécom ORANGE était représenté par Alicia Filipiak, chercheuse à ORANGE LAB. Elle a soulevé le délicat problème de la sécurité de ses applications billettiques, les longs développements nécessaires pour de coûteuses certifications. Une question se pose : faut-il adapter les infrastructures pour une solution de paiement  par billettique sécurisée ou faut-il adapter cette solution aux infrastructures existantes ? Un autre aspect resté sans réponse porte sur le délicat problème des données personnelles de mobilité : quid de leur anonymisation ?

 

Conlusion

Didier Geiben, conseiller spécial du président de Galitt, brossa un panorama mondial du développement de la nouvelle billettique avec les tendances techniques qui émergent dont le blockchain à Singapour, Séoul, Tokyo…

Nous assistons à une multiplication des supports acceptés, émis ou non par l’Autorité Organisatrice ou l’opérateur : ticket thermique ou magnétique, code barre sur papier ou téléphone, SMS, mais aussi des supports sans contact : cartes sans contact, carte bancaire, objets bluetooth, téléphone NFC (Sim centric, HCE), wearables (bracelets, montres).

Sur le plan serviciel, des nouvelles approches voient le jour :

  • Paiement à la consommation (Pay as you go) avec plafonnement et optimisation tarifaire
  • Solutions intégrées : mobilité + services (piscines, sports, théâtre, …)
  • Billettique intégrée couvrant tous les modes de transport et toutes les formes de mobilité : transport en commun, vélo libre-service, autopartage
  • Billettique écologique et citoyenne car incitative avec encouragement pour des alternatives à la voiture particulière avec programme de fidélité, jeux , cadeaux...

 


 

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